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La démarche résolutive à Marseille

LA DEMARCHE RESOLUTIVE EN ACTION

. Il s’agit de former les acteurs de la relation d’aide auprès de publics diversifiés
(démunis, séniors, handicapés, adolescents et enfants en difficulté…) dans
l’appropriation et la mise en pratique immédiate de la méthode Résolutive pour :
• développer leur capacité à se focaliser sur la personne (ses objectifs, son
potentiel) en se distanciant de ses représentations personnelles et en orientant
les efforts vers le futur, le changement souhaité plutôt que sur le passé.
• adopter une posture de co-constructeur (c’est l’accompagné qui a sa solution) et
non pas d’intervenant-expert qui « fait à la place de », synonyme de relation
verticale.
• se décentrer émotionnellement pour ne pas -injustement- porter le poids des
situations.
• dynamiser la relation d’aide via des outils d’intervention spécifiques afin que les
personnes accompagnées trouvent, chacune à leur mesure et à leur rythme,
une réponse en adéquation avec leur potentiel.
Au regard de l’important ancrage de la culture du problème quant au regard porté sur
les situations, l’intégration de la démarche -le passage de la grille de lecture « espace
problème » à « espace solution »- est un processus de déconstruction délicat.
Dans cette optique, nous aurons recours à la méthode la plus efficace à nos yeux :
l’alternance d’apports théoriques et de mises en situation sous forme de jeux de rôle.
En étant tour à tour intervenant social puis personne accompagnée, le professionnel
ressent de l’intérieur les impacts d’un propos, d’un type de questionnement, d’une
posture physique. Ce travail a un caractère fulgurant et peut marquer un tournant dans
la manière de concevoir la relation d’aide.
Il présente également l’avantage de partir de là où en sont les stagiaires, ce qui
personnalise au plus près la prestation et leur permet d’enclencher immédiatement
l’action sur le terrain. Sont ainsi évités les désagréments liés à la délicate mise en
pratique d’une théorie pourtant attirante sur le papier.

Intégration des réfugiés en France

ELIA est l’association en France qui pratique depuis 2005 l’intégration des réfugiés politiques statutaires (syriens, afghans, kossovars…) dans le département des Bouches du Rhône (Marseille, Miramas, Martigues, Aix en Provence, Saint Chamas, Salon de Provence…).

L’intégration est basée sur deux concepts :

  • Le bail glissant : 150 réfugiés par an, logés dans le parc HLM des Bouches du Rhône, avec au terme de l’accompagnement social, un statut de locataire, soit  depuis 2005, 1500 réfugiés qui ont rejoint le logement de droit commun,
  • et la démarche résolutive sur laquelle repose l’accompagnement social global et singulier d’ELIA.

L’ensemble a été conçu par Monique Linossier en 1982 pour le bail glissant et en 2009 pour la démarche résolutive.
Elle dispense elle-même la démarche résolutive, clé de voûte de l’accompagnement social global, dans le secteur social et médico-social, auprès d’équipes complètes de travailleurs sociaux et chefs de service, mais aussi auprès de cadres pour leur coopération et enfin elle pratique le coaching individuel et d’équipe « orienté solution ».
Les réfugiés statutaires, avant d’être reconnus par l’Etat français « réfugiés statutaires », ont transité dans des Centres d’Accueil de Demande d’Asile (CADA) entre trois mois et trois ans. Orientés par les CADA vers ELIA, ils sont alors hébergés dans des logements loués par ELIA, majoritairement HLM, du type 1 au type 6.
A son hébergement se jouxte son accompagnement social global, singulier, issu de l’école Palo Alto (Californie) et notamment d'une pensée nommée « orienté solution ». C’est cette pensée qui a donné lieu à la démarche résolutive.
Au cours de cet accompagnement qui dure en moyenne 9 mois, le bail de l’association glisse au nom de la famille réfugiée statutaire, qui obtient le statut de locataire en titre et qui reste ainsi dans le même logement de l’entrée à sa sortie du dispositif d’ELIA. Alors, ELIA ayant cédé son logement à une famille réfugiée, elle en loue un autre pour une autre famille.

Les financements

Depuis 2005, ELIA est financée par la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS), puis la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS), puis l’Immigration, et aujourd’hui à nouveau par la DDCS ; ses subventions transitent par la Préfecture des Bouches du Rhône.

Les résultats

Conformément aux Conventions internationales, l’Etat français accueille des réfugiés politiques. Il a la responsabilité de la conception et du développement des dispositifs d’intégration en direction de ces populations.
En 2004, l’Etat choisit le projet associatif d’ELIA pour sa réponse originale en termes d’intégration : Le bail glissant.
Ainsi, par conventions annuelles, l’Etat via la DDCS agrée ELIA pour :
- héberger 100 personnes en louant une trentaine de logements.
- avec un accompagnement social global de 9 mois.
Depuis 2005, ELIA héberge en moyenne 150 personnes par an soit 1500 personnes réfugiées statutaires qui toutes vont glisser le bail à leur nom.

Qui sont les réfugiés statutaires ?

Certains réfugiés ont connu des situations professionnelles et sociales élevées comme celles de juge, journaliste, professeur, mais la majorité d’entre eux étaient plutôt commerçants, agriculteurs, ouvriers…
Tous arrivent en France sous le choc de la guerre avec son lot de traumas : tortures, viols… Des traumatismes tant physiques que psychologiques. Et ce choc va grandir en France quand ils vont se voir proposer des logements HLM, bien que restaurés par ELIA, situés dans des cités gangrénées parle chômage, la violence, la drogue, le trafic d'armes… Ils vont connaitre alors l’incertitude, la peur de l’avenir, dans un pays dont ils n’ont ni les codes, ni les repères. Leurs diplômes n’ont pas d’équivalence en France et ils vont devoir descendre l’ascenseur social. Le coeur est resté au pays quand il serait nécessaire de se centrer sur l’ici et maintenant de manière à reconstruire pour la future génération.

Et quand ils parlent la langue française, ils ne la possèdent pas, sont perdus devant les complexités de notre administration française (impôts, caf, cpam…). Aussi, seront ils « preneurs » de notre approche globale telle que proposée par ELIA, qui va tendre en 9 mois, à les sortir de l’ornière pour leur permettre de devenir des citoyens qui se repèrent dans la Cité.
 

 

Les principes de la démarche résolutive

Concrètement, quatre principes d’actions opérationnels sont au fondement de cette inclusion qui prend vie avec une posture et un outillage spécifiques


Une conviction inébranlable : la compétence de la personne accompagnée

Bien au-delà du fait de penser que la personne a des compétences, qu’elle possède des ressources propres susceptibles d’être mobilisées au gré des circonstances, il s’agit d’être sincèrement convaincu qu’elle est compétente pour trouver ses propres solutions et qu’elle seule sait ce dont elle a besoin pour initier le changement souhaité. En regard des objectifs qu’elle poursuit, clarifiés au fil des entretiens, elle détient une capacité à utiliser ses ressources propres mais aussi à identifier le processus singulier par lequel elle deviendra capable d’engager le changement, en termes d’inclusion, qui lui correspond le mieux.

A cette fin, il est nécessaire que l’intervenant soit constamment animé par une posture professionnelle de « non savoir » qui s’appuie sur un cheminement professionnel auquel se conjugue une maîtrise technique et émotionnelle des entretiens et sous-tend un « renoncement à savoir pour l’autre » ce qui est bon, ce qu’il faut faire, quand et comment le faire.

Travailler les « points forts » et accroître l’espoir de changement, bénéfique à l’intégration des personnes accompagnées

Il s’agit de consacrer un temps important à l’identification des situations qui se déroulent bien ou qui font exception au problème afin de repérer des compétences. Cela renvoie à tout ce que la personne sait faire, ce qui « marche bien », ce qu’elle fait d’utile dans ses différents espaces de vie (familial, professionnel, amical…). Cela peut être une action, une attitude, un ton de voix…

Ce focus sur les points forts s’incarne à travers « une écoute sincèrement curieuse » de l’Autre et un travail de questionnement essentiellement basé sur des questions ouvertes.

Il aura pour effet d’accroître la motivation, l’estime que la personne a d’elle-même ; cela faisant écho à un autre postulat important de la démarche résolutive : le changement est intimement lié à l’espoir de changement.

Cette inclinaison participera également à l’amélioration de la confiance en soi ; élément essentiel pour que la personne soit en capacité de créer, d’inventer, d’expérimenter, d’intégrer…

Susciter la créativité et enclencher le premier pas

La recherche et la construction de solutions requièrent, de la part de la personne, une capacité à mobiliser sa créativité. Considérant ce principe, l’accompagnement social consiste davantage à révéler la capacité de la personne à imaginer d’autres possibles, à expérimenter des façons de faire qu’à aider à résoudre ou dépasser un problème.

Et, pour impulser une nouvelle dynamique, il est question d’impulser un « premier petit pas » : engager une participation sociale suffisamment facile pour que la personne soit assurée de réussir, une forme de « défi » qui lui permet d’entamer une rupture en acte avec l’espace problème.

L’aide à la gestion émotionnelle : un levier dans la prise de décision et la construction de solutions

Travailler avec la personne à son inclusion sociale, passe par l’identification des émotions qui la traversent (peur, joie, tristesse, colère), via des situations concrètes qu’elle rencontre. Cela lui permet de comprendre ce qui est en jeu pour elle, au plan psycho-affectif. Par une prise de conscience de ses processus émotionnels, la personne peut accéder à une distanciation, se regarder (ré)agir et se fixer des objectifs ou à tout le moins prendre une décision éclairée.

Cette aide à la gestion émotionnelle peut toucher les différents espaces d’interaction de la personne (le couple, la relation aux institutions, le voisinage, la vie familiale, la santé, le budget, etc.) et représente un levier important dans sa mise en mouvement vers un possible « nouveau départ » qui dans le cas d’ELIA, est un « bail glissant ».

Elle représente également un moyen de prévention efficient du risque de répétition de comportements ou d’attitudes ne servant pas utilement le projet de la personne et les objectifs concrets qui le structurent.

Ses effets sur le secteur de la relation d’aide

La méthodologie développée par cette démarche résolutive permet de répondre à une double critique qui touche très durement le secteur de l'accompagnement social : le manque de professionnalisme (quelle méthode utilisée ? mise en cause de « l’indicible ») et la question de l’évaluation prônée par la loi 2002-2.

Sa définition

La démarche Résolutive part du postulat que l’analyse des causes n’est pas nécessairement le seul chemin menant à la résolution d’un problème. Elle mise sur les ressources, les compétences de la personne qui est considérée comme la seule véritable experte de son histoire. Les efforts sont dirigés vers le futur, le changement souhaité et non pas sur le passé : l’optique est ici résolutive plutôt que causale.

Basée sur des techniques d’entretien et des outils d’intervention spécifiques (cercle des objectifs, génogramme, échelles d’état et d’évolution, externalisation du problème, ancrage…) la démarche Résolutive impulse un dynamisme moteur de changement et permet de trouver une réponse en adéquation avec son potentiel.

Une approche résolutive de l’accompagnement social dans le logement via le bail glissant

Construire des solutions plutôt que résoudre des problèmes : quels enjeux en termes de posture et de méthode ? L’accompagnement social à caractère résolutif : un autre regard sur la notion de problème humain.


Inspiré du constructionnisme social1, l’accompagnement social vers et dans le logement de droit commun et inscrit dans une démarche résolutive, s’appuie sur l’idée que toute pensée est une construction sociale issue de nos relations avec les autres. En ce sens, l’accompagnement social, dont l’objectif principal est d’aider la personne à développer sa capacité d’agir dans le cadre des interactions qu’elle entretient avec son environnement, est lui-même un espace de co-construction entre accompagné et accompagnant ; les entretiens remplissent alors la fonction d’un espace où la personne va pouvoir déconstruire et reconstruire les représentations qu’elle a d’elle-même, de ses comportements, de sa situation, de ses relations avec autrui.

D’orientation systémique, cette approche de l’accompagnement social - dénommée « approche centrée solution » - propose un véritable changement de perspective : la résolution d’un problème n’est pas ici considérée comme intrinsèquement liée à l’analyse de ses causes, la finalité conditionne autant le présent que le passé.

Les entretiens sont donc orientés vers « l’espace solution » de la personne plutôt que vers « l’espace problème » dans le but de créer une dynamique autour des changements recherchés et des conséquences pratiques de ces changements dans la vie quotidienne (plutôt que d’obtenir une description et une analyse rigoureuse du problème qui exigent beaucoup de temps, sans pour autant garantir que les solutions soient trouvées).

(1) Le constructionnisme social est avant tout une posture épistémologique qui postule que nos réalités, et donc nos comportements, se construisent en fonction des contextes sociaux au sein desquels nous évoluons et des interactions que nous y développons.

Ses effets sur les professionnels

Particulièrement adaptée aux interventions de court et moyen terme au regard de la mise en mouvement rapide qu’elle déclenche, cette démarche résolutive permet aux intervenants de l'accompagnement social de :

  • adopter une posture de co-constructeur (c’est l’accompagné qui a sa solution) et non pas d’intervenant-expert qui « fait à la place de », synonyme de relation verticale
  • se décentrer émotionnellement pour ne pas porter le poids des situations
  • se focaliser sur la personne (ses objectifs, son potentiel) en s’éloignant de ses représentations personnelles.

Au final, les outils d’intervention permettent à l’accompagné comme à l’accompagnateur de trouver leur juste place, ce qui donne sens au travail effectué. Les intervenants abordent les situations délicates avec beaucoup plus de sérénité et de motivation, ce qui facilite l’accompagnement social vers et dans le logement et lui permet de gagner en efficacité. En retour, les personnes apprécient le professionnalisme de l’intervention, ce qui rassure et participe de l’instauration de la relation de confiance.

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